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⚕ Information a titre educatif — Le contenu de cet article ne remplace pas l'avis d'un professionnel de sante. Consultez un medecin ou un naturopathe certifie avant tout usage de complement alimentaire.

Zinc et immunité : ce que disent l’ANSES et l’EFSA en 2026

Zinc et immunité

Cette information éditoriale ne remplace pas un avis médical individualisé. Les compléments alimentaires sont soumis à la réglementation ANSES/DGCCRF et au règlement européen (CE) n° 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé. Aucune promesse thérapeutique n’est formulée. En cas de symptômes (fièvre, infection sévère, signes de gravité), contactez votre médecin ou le 15 (SAMU) / 112 (urgences européennes). En cas d’ingestion accidentelle, joindre un centre antipoison régional.

Le zinc, oligo-élément essentiel

Le zinc est un oligo-élément attendu, cofacteur de plus de 300 enzymes et impliqué dans de nombreux processus physiologiques. L’EFSA a validé plusieurs allégations de santé applicables aux compléments alimentaires et denrées enrichies au titre du règlement (CE) n° 1924/2006 :

  • « Le zinc contribue au fonctionnement normal du système immunitaire ».
  • « Contribue à un métabolisme acido-basique normal ».
  • « Contribue à un métabolisme normal des macronutriments ».
  • « Contribue à la protection des cellules contre le stress oxydatif ».
  • « Contribue au maintien d’une peau, d’ongles et de cheveux normaux ».
  • « Contribue au maintien d’une vision normale ».

Ces formulations sont les seules autorisées. Toute mention thérapeutique ou de prévention spécifique d’une maladie sortirait du cadre légal.

Apports nutritionnels conseillés ANSES

Les Références Nutritionnelles pour la Population (RNP) publiées par l’ANSES retiennent, pour le zinc, des valeurs qui dépendent de l’apport en phytates de l’alimentation (les phytates des céréales complètes et légumineuses peuvent réduire l’absorption du zinc). Ordres de grandeur communément retenus :

  • Hommes adultes : environ 9 à 14 mg/jour selon le profil alimentaire.
  • Femmes adultes : environ 7,5 à 11 mg/jour selon le profil alimentaire.
  • Femmes enceintes : besoins majorés.
  • Enfants : valeurs progressives selon l’âge, précisées dans les RNP.

L’EFSA a fixé une VNR d’étiquetage européenne de 10 mg/jour pour le zinc.

Sources alimentaires de référence

  • Mollusques : huîtres (très riches), moules, palourdes.
  • Viandes : bœuf, agneau, abats.
  • Volailles : dinde, poulet.
  • Légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots (biodisponibilité réduite par les phytates).
  • Céréales complètes : germe de blé, avoine, riz complet.
  • Fruits à coque et graines : graines de courge, noix de cajou, amandes.
  • Produits laitiers et œufs.

Les régimes alimentaires excluant les produits animaux peuvent présenter une biodisponibilité réduite ; un suivi nutritionnel est alors utile.

Le statut français en zinc

Selon les enquêtes Inca de l’ANSES, une fraction non négligeable de la population française adulte présenterait des apports inférieurs aux RNP, en particulier chez certaines tranches d’âge ou profils alimentaires. Cette donnée nutritionnelle ne se traduit pas mécaniquement par un déficit clinique, l’organisme régulant l’absorption en fonction des besoins.

Ce que la recherche a étudié sur l’immunité

Plusieurs revues systématiques, dont des publications Cochrane, ont examiné les effets d’une supplémentation en zinc dans des contextes spécifiques (par exemple : durée de certains symptômes respiratoires hivernaux). Les conclusions soulignent globalement :

  • Une hétérogénéité méthodologique importante entre les études.
  • Des effets observés modestes et conditionnels, non transposables en allégation thérapeutique.
  • Un cadre clinique restreint (populations, doses, formes galéniques particulières).

Au plan réglementaire, l’allégation EFSA validée se limite à la formulation « contribue au fonctionnement normal du système immunitaire » et concerne le rôle nutritionnel du zinc, pas un effet curatif.

Formes de zinc en complément alimentaire

Les principales formes autorisées en Europe :

  • Bisglycinate de zinc (chélate de glycine).
  • Citrate de zinc.
  • Gluconate de zinc.
  • Picolinate de zinc.
  • Sulfate de zinc.
  • Oxyde de zinc.
  • Acétate de zinc.

La biodisponibilité varie selon la forme et la matrice alimentaire. Les sels organiques (citrate, gluconate, bisglycinate) sont fréquemment cités comme bien absorbés. Aucun n’est universellement « supérieur » : la tolérance digestive et l’objectif nutritionnel guident le choix, idéalement avec l’avis d’un professionnel de santé.

Apport maximal tolérable EFSA

L’EFSA a fixé une limite supérieure de sécurité (UL) pour le zinc à 25 mg/jour pour l’adulte (toutes sources confondues : alimentation + supplémentation). Cette limite vise à prévenir notamment l’interaction avec le métabolisme du cuivre : un excès chronique de zinc peut entraîner une déplétion en cuivre, avec des conséquences hématologiques et neurologiques rapportées dans la littérature.

Pour cette raison, une supplémentation prolongée à dose élevée ne doit jamais être auto-prescrite. Les compléments mono-zinc à 15-20 mg/jour utilisés sur de longues périodes peuvent justifier un avis médical.

Précautions et interactions

  • Médicaments : interactions possibles avec certains antibiotiques (tétracyclines, fluoroquinolones), bisphosphonates, pénicillamine. Les prises doivent généralement être espacées ; demander conseil au pharmacien.
  • Cuivre : équilibre à surveiller en cas de supplémentation prolongée.
  • Fer : compétition d’absorption à dose élevée et à jeun.
  • Insuffisance rénale : avis médical avant supplémentation.
  • Grossesse et allaitement : ne pas dépasser les apports recommandés sans avis.
  • Enfants : supplémentation rare et encadrée.

Sprays et pastilles spécifiques

Certaines formes de zinc (pastilles à sucer notamment) ont été étudiées dans des contextes cliniques précis, encadrés par des protocoles. Ces usages relèvent souvent du médicament ou du dispositif médical, et non du complément alimentaire. La distinction est juridique et engage les obligations du fabricant. L’ANSM tient à jour la liste des spécialités à statut médicament.

Numéros utiles

  • 15 (SAMU), 112 (urgences européennes).
  • Centres antipoison régionaux en cas d’ingestion accidentelle ou de surdosage.
  • Nutrivigilance ANSES via signalement-sante.gouv.fr.

Bonnes pratiques de lecture d’étiquette

Quelques repères concrets pour évaluer un produit à base de zinc :

  • Présence de la dose en zinc élément (et non du sel total).
  • Mention de la forme précise (citrate, bisglycinate, etc.).
  • Conformité aux allégations EFSA (formulation exacte).
  • Mention « ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ».
  • Conseils d’emploi clairs (durée, public, contre-indications éventuelles).
  • Coordonnées du fabricant ou distributeur en France.

Synthèse éditoriale

Le zinc occupe une place reconnue parmi les nutriments essentiels, avec un cadre EFSA et ANSES clair sur les allégations et apports. Les compléments alimentaires peuvent répondre à un objectif nutritionnel, sous réserve d’éviter les surdosages prolongés (UL EFSA : 25 mg/jour, toutes sources). La supplémentation à dose élevée et durée prolongée n’est pas une démarche d’auto-médication ; elle se discute avec un professionnel de santé, en particulier pour préserver l’équilibre cuivre/zinc.

À propos de l’auteur

Marie Delaunay, Pharmacienne diplômée d’état

Pharmacienne d’officine depuis 12 ans à Lyon, spécialisée en compléments alimentaires et nutraceutique. Membre Ordre des Pharmaciens.

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