Les risques sanitaires liés aux faux ongles

Que ce soit pour cacher leurs ongles rongés ou pour se rendre plus belles, les femmes n’hésitent pas à se faire poser de faux ongles. Si le choix est varié entre les capsules de plastiques, les ongles en acrylique et ceux au gel UV, les dangers pour la santé sont considérables, notamment en cas de mauvaise application.
Sommaire
- 1 Fragilisation et décollement de l’ongle naturel
- 2 Intoxication ou eczéma
- 3 Un corps plus sensible aux infections
- 4 Quelques cas rares, mais envisageables…
- 5 Un petit conseil
- 6 Les différents types de faux ongles et leurs risques spécifiques
- 7 Les complications infectieuses
- 8 Les lésions de l’ongle naturel
- 9 Précautions et recommandations
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Fragilisation et décollement de l’ongle naturel
Première étape avant la pose des faux ongles, le limage des ongles naturels leur est préjudiciable. En effet, ce procédé leur fait perdre de leur solidité, ce qui les rend perméables, aux produits chimiques entrant dans la conception des ongles artificiels ou à la colle. Par ailleurs, sur une longue durée, ces substances provoquent la disjonction de l’ongle naturel, surtout lorsque l’artificiel est long.
Intoxication ou eczéma
En se faisant mettre de faux ongles, aussi bien la cliente que son esthéticienne respirent inévitablement l’odeur toxique des produits à utiliser. Ce faisant, elles pourraient avoir des problèmes d’ordre sanguin,psychologique, hépatique, cardiovasculaire ou respiratoires. De même, une pose intempestive de ces ongles expose la peau à des maladies inflammatoires, telles que l’eczéma et la dermite.
Un corps plus sensible aux infections
L’onychomycose est provoquée par un champignon qui adule la kératine de l’ongle naturel. Or, ce dernier étant déjà affaibli par le limage, il ne peut plus lui résister. Ainsi, cette maladie contagieuse s’installe, fait changer de couleur aux ongles (jaunes, bruns ou verts) et peut s’étendre à certaines parties du corps. Le Pseudomonas, infection d’origine bactérienne, peut également apparaître au niveau d’un ongle long, sous lequel des gouttes d’eau sont restées pendant un bon moment.
Quelques cas rares, mais envisageables…
Deux situations méritent attention. Il s’agit, d’une part, de clientes britanniques ayant souffert du cancer de la peau, après des séances de pose de faux ongles, au cours desquelles une lampe diffusant des rayons UV ont été utilisés. D’autre part, des infirmières canadiennes ont contracté des infections nosocomiales, qui se sont compliquées et ont entraîné leur mort. Même si les liens de causalité ne sont pas évidents dans ces circonstances, il y a lieu de s’inquiéter.
Un petit conseil
Certes, la pose des ongles artificiels comporte plusieurs risques, mais un respect des règles de pose et d’hygiène permet de limiter les risques. Ainsi, il faut se confier aux spécialistes pour la réaliser et ne pas les garder longtemps. Car, vous devez rester belle, mais pas au prix de votre santé.
Les différents types de faux ongles et leurs risques spécifiques
Les ongles en résine (gel UV)
La pose de gel UV est la technique la plus répandue en institut de beauté. Le gel photopolymère est appliqué sur l’ongle naturel puis polymérisé sous lampe UV (longueur d’onde 365 nm). Les risques identifiés par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) incluent : des allergies de contact aux méthacrylates (composants du gel), responsables de dermites de contact persistantes pouvant entraîner un décollement unguéal définitif. L’incidence des allergies aux méthacrylates a été multipliée par 3 entre 2010 et 2023 selon le réseau de vigie-dermatologique, avec une prédominance chez les femmes de 20 à 40 ans. Les lampes UV constituent par ailleurs un risque photosensibilisant : l’exposition cumulée aux UV-A lors des séances de remplissage (toutes les 2 à 3 semaines) peut accroître le risque de carcinomes basocellulaires et de mélanomes des mains, bien que le niveau de preuve reste débattu.
Les ongles en acrylique (résine acrylique)
Cette technique utilise un mélange de poudre polymère et de monomère liquide (métacrylate de méthyle). Le risque principal est l’allergie respiratoire et cutanée au méthacrylate de méthyle, classé comme sensibilisant puissant. L’inhalation des vapeurs de monomère en milieu professionnel non ventilé peut provoquer des rhinites, de l’asthme professionnel et des maux de tête. Pour les clientes, le risque est principalement cutané (dermite eczématiforme). L’ANSM recommande aux professionnels de travailler sous hotte aspirante et de porter des gants nitriles.
Le nail art et les vernis semi-permanents
Les vernis semi-permanents (lasting 2 à 3 semaines) combinent les risques du gel UV et des solvants agressifs utilisés pour la dépose. L’acétone pure nécessaire au retrait dessèche la plaque unguéale et la peau péri-unguéale, favorisant les onychoschizies (fissures de l’ongle) et les paronychies (inflammations du pourtour de l’ongle). L’usage répété sans périodes de repos intercalaires (minimum 2 semaines entre deux poses) altère la kératinisation de la matrice unguéale.
Les complications infectieuses
Les faux ongles créent un espace fermé entre la plaque unguéale et le matériau de pose, favorisant la prolifération bactérienne et fongique. Les infections les plus fréquentes sont : la paronychie (infection bactérienne du repli sus-unguéal, souvent à staphylocoque doré), l’onychomycose (infection fongique par dermatophytes, favorisée par l’humidité piégée sous le faux ongle) et la green nail syndrome (infection à Pseudomonas aeruginosa, reconnaissable à la coloration verdâtre de l’ongle). Le risque est majoré en cas de mauvaise asepsie lors de la pose (outils non stérilisés) ou de port prolongé au-delà de la durée recommandée. Les onychomycoses nécessitent un traitement antifongique long (3 à 6 mois de terbinafine orale ou ciclopirox local) et peuvent laisser des séquelles esthétiques permanentes de la plaque unguéale.
Les lésions de l’ongle naturel
Le ponçage mécanique de la surface de l’ongle (nécessaire à l’adhérence du gel) amincit la plaque unguéale de 30 à 50 %. Le décollement forcé du faux ongle (lors de la dépose ou d’un choc) peut arracher des couches de kératine, provoquant une onychoptose (chute de l’ongle) ou une onychodystrophie (déformation permanente). La repousse complète d’un ongle de main prend 4 à 6 mois, et jusqu’à 12 à 18 mois pour les orteils. En cas de lésion matricielle (atteinte de la matrice qui produit l’ongle), les déformations peuvent être irréversibles.
Précautions et recommandations
- Ne jamais porter de faux ongles plus de 3 semaines consécutives sans une période de repos de 2 à 4 semaines.
- Choisir un institut certifié, respectant les normes d’hygiène (stérilisation des instruments, usage unique des limes et brosses).
- Signaler toute rougeur, gonflement ou douleur peri-unguéale immédiatement au médecin.
- Éviter les faux ongles en cas de psoriasis unguéal, d’onychomycose active, de diabète (risque infectieux majoré) ou de maladie de Raynaud.
- Les femmes enceintes doivent éviter les gels UV en raison du risque de photosensibilisation hormonale.
Dr Camille Theron, docteure en pharmacie. Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas un avis médical ou dermatologique personnalisé.
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Marie Delgado est rédactrice spécialisée en nutrition et compléments alimentaires. Diplômée d’un master de nutrition humaine (Université de Nantes), elle a passé sept ans en bureau d’études nutraceutique avant de rejoindre SuperGélule. Avant de juger un complément (vitamine D, magnésium, oméga-3, berbérine, ashwagandha, collagène), elle lit les études cliniques et les avis de l’ANSES plutôt que les argumentaires marketing, et signale clairement les niveaux de preuve faibles. Ses contenus sont informatifs et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé : en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie, demandez conseil à votre médecin ou pharmacien avant toute supplémentation.